Délégationde Charente-Maritime

La mobilité au cœur de nos préoccupations

Le Secours Catholique-Caritas France a publié son rapport statistique annuel le 5 novembre 2015 [1]. Cette étude met l’accent sur les difficultés de mobilité des personnes démunies. Dans un département rural comme la Charente-Maritime, c’est un problème important, que l’association combat par des actions concrètes et de sensibilisation.

publié en mars 2016

Pour Thérèse Lecroart, présidente du Secours Catholique de Charente-Maritime, c’est une évidence, la mobilité est un « vrai problème en Charente-Maritime ». « C’est un département rural. Dans les campagnes, il n’y a pas beaucoup de transports en commun. Il faut un véhicule pour se déplacer mais tout le monde n’a pas les moyens d’en avoir un. »

Le jeudi 5 novembre 2015, à l’occasion de la publication du rapport statistique annuel du Secours Catholique-Caritas France, axé sur le thème de « la fracture mobilité », la présidente de la délégation de Charente-Maritime a donné une conférence de presse dans les locaux de l’association, à Aytré. Elle était accompagnée de Jean Chalié, délégué diocésain et de Catherine Baril, trésorière.

Ces acteurs de la solidarité savent combien les difficultés de mobilité peuvent être des facteurs aggravants de la pauvreté. En particulier dans les zones rurales et « hyper rurales » au sud et à l’est du département. Et ils n’ont pas manqué de le rappeler.

« Ces lieux sont de plus en plus désertés par La Poste, les services de proximité, les médecins, les commerces… sans parler du faible nombre d’emplois », a précisé Thérèse Lecroart. Autant de services auxquels les personnes à faibles revenus peinent à accéder, faute de moyens de locomotion adaptés. Résultat : « Elles s’isolent socialement. » Et s’enfoncent toujours plus dans la précarité.

Le rapport statistique publié en novembre 2015 indique que 56 % des bénéficiaires des aides du Secours Catholique ont moins de 60 ans et n’ont pas de voiture. 69 % sont au chômage, et 4 % seulement bénéficient d’une formation professionnelle.

Dans l’éditorial de ce même rapport, Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique-Caritas France et Bernard Thibaud, secrétaire général, détaillent le quotidien de ces personnes « privées de voitures, parfois sans permis », « exposées à la précarité » :

« Elles effectuent leurs trajets à pied, vont chercher les transports en commun même lorsqu’ils sont éloignés, écrivent-ils. Contraintes pour effectuer leurs courses, rechercher un emploi, mener des démarches administratives et se soigner, elles se démènent jusqu’à l’épuisement, parfois même jusqu’au découragement. »

Pour combattre cette « fracture mobilité », le Secours Catholique de Charente-Maritime, avec ses 540 bénévoles répartis en 27 équipes locales, agit de manière pratique et stratégique. 20 % des aides qu’il attribue sont des aides à la mobilité qui prennent entre autres la forme de « bons d’essence », d’aides à la réparation des véhicules ou de microcrédits.

La moitié des microcrédits servent à acheter des voitures. Leur demande est en hausse constante. « Les banques ne prêtent plus aux personnes qui n’ont pas de CDI », a déploré Catherine Baril. Un problème quand on sait que les emplois intérimaires, en principe plus accessibles aux personnes peu qualifiées, nécessitent de nombreux déplacements.

Le Secours Catholique promeut auprès des personnes qu’il accueille ou rencontre des solutions susceptibles de favoriser leur mobilité. Parmi elles, les « garages solidaires », le Taxi Mouettes ou les navettes gratuites mises en place par certaines communes ou intercommunalités.

Sensibiliser les élus aux problématiques de mobilité est un autre axe de travail majeur du Secours Catholique. La période est propice à cela étant donné la constitution des nouvelles grandes régions [2].

Regrettant que des services de covoiturage classiques ne soient accessibles qu’aux détenteurs de cartes bancaires, le Secours Catholique souhaiterait également appuyer des initiatives de covoiturage « accessible à tous ».

Sur les 12 000 personnes que l’association a aidées en 2014 en Charente-Maritime, 30 % étaient des hommes seuls. Beaucoup avaient moins de 25 ans. « Certains enchaînent des contrats de travail temporaires et précaires liés au tourisme saisonnier sur le littoral et sur les îles. »

Le Secours Catholique est convaincu que l’urgence, face à ces publics, est de « créer du lien social ». Cela passe aussi par l’aide à la mobilité.

O.S.

[1] Secours Catholique-Caritas France, Statistiques d’accueil 2014. La fracture mobilité. Ce rapport, publié le 5 novembre 2015, est disponible sur le site web national : www.secours-catholique.org.

[2] « La loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (loi NOTRe) fait du conseil régional la “collectivité de la mobilité”. À compter du 1er janvier 2017, la Région est l’autorité organisatrice des transports collectifs. Les conseils régionaux seront donc chargés de l’organisation du transport ferroviaire (TER) et désignés comme chefs de file de l’intermodalité et de la complémentarité entre les différents modes de transport. » Source : Secours Catholique-Caritas France, Statistiques d’accueil 2014. La fracture mobilité, novembre 2015, p. 64.

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